Ripple et Tough to Talk unissent leurs forces pour réduire le taux de suicide chez les hommes et favoriser des échanges ouverts entre hommes sur la santé mentale.
Découvrez ce partenariat et pourquoi il compte dans l’entretien avec Alice Hendy, publié à l’origine par Tough to Talk.
Qu’est-ce qui vous a motivée à créer Ripple et à rejoindre la lutte contre le suicide masculin ?
Alice : Le 25 novembre 2020, deux policiers ont frappé à ma porte. Ils m’ont demandé s’ils pouvaient entrer, se sont assis et m’ont annoncé que mon frère s’était suicidé. Josh avait 21 ans, c’était mon seul frère et mon meilleur ami.
Depuis ce moment charnière de ma vie, je me suis donné pour mission d’éviter que cette douleur indescriptible ne soit vécue par d’autres sœurs, en mémoire et en l’honneur de mon frère.
Avec plus de 700 000 personnes qui meurent par suicide chaque année dans le monde, je savais que c’était une cause qui valait la peine d’être défendue. Aussi alarmant que soit ce chiffre, il ne rend guère compte du poids émotionnel supporté par les familles et les communautés. C’est tout simplement dévastateur.
Le suicide masculin reste un problème pressant au Royaume-Uni, où il constitue la première cause de décès chez les hommes de moins de 50 ans (Mental Health Foundation, 2021). Les hommes sont plus vulnérables en raison de plusieurs facteurs, comme la stigmatisation, le manque de sensibilisation à la santé mentale et la réticence à demander de l’aide. Faire évoluer les mentalités n’est pas facile et ne se fait pas du jour au lendemain - et c’est formidable de voir des organisations comme Tough to Talk œuvrer dans ce sens.
Quelle approche unique Ripple apporte-t-elle au débat sur la santé mentale masculine ?
Alice : En parcourant le téléphone, l’ordinateur portable et la tablette de Josh pour tenter de comprendre pourquoi mon frère avait envisagé le suicide comme sa meilleure option, j’ai découvert qu’il avait effectué des recherches en ligne nuisibles sur les moyens de mettre fin à ses jours. J’ai réalisé qu’il existait un manque flagrant d’intervention pour les personnes effectuant ce type de recherches, et c’est ainsi qu’est née l’idée de Ripple.
Ripple est un outil numérique qui, lorsqu’un utilisateur recherche du contenu nuisible en ligne, le guide d’abord à travers une série d’exercices de respiration, puis vers des stratégies, des forums, des lignes d’assistance et des services de santé mentale présentés de manière simple, épurée et apaisante, accessibles immédiatement comme sur le long terme, accompagnés de messages d’espoir et d’encouragement à rester en sécurité. Rien de comparable à Ripple n’existe. C’est une approche unique pour soutenir les personnes ayant des pensées suicidaires au moment où elles sont le plus vulnérables, et cela sauve des vies.
Favoriser l’adoption de Ripple parmi les hommes me tient particulièrement à cœur. Nous collaborons avec des environnements traditionnellement masculins, comme les clubs de football et de rugby, pour toucher les hommes là où ils se sentent le plus à l’aise et engager des conversations sur la santé mentale.
Au Royaume-Uni, le sport joue un rôle important dans la vie d’innombrables hommes. Les clubs constituent une communauté et une source d’identité, offrant une occasion unique de sensibiliser à la santé mentale.
West Ham United est l’un des clubs de football ayant adopté Ripple pour protéger ses joueurs et son personnel, et milite activement en faveur de notre travail en matière de prévention du suicide. Nous sommes immensément reconnaissants de leur soutien, qui a le potentiel de sauver de nombreuses vies et de transformer la façon dont la société perçoit et aborde la santé mentale masculine et le suicide.
Conscients du pouvoir transformateur du sport, nous avons lancé il y a deux ans notre propre équipe, Ripple FC. Dirigée par notre collègue et bénévole Harrison Read, l’équipe joue pour changer les choses pour celles et ceux qui traversent des difficultés de santé mentale.
Comment envisagez-vous que notre partenariat ait un impact significatif sur cette cause ?
Alice : Tough to Talk partage étroitement notre mission d’encourager les personnes à s’exprimer sur ce qu’elles ressentent lorsque les choses deviennent difficiles. Demander de l’aide n’est en rien un signe de faiblesse, et nous existons toutes les deux pour garantir un soutien aux personnes au moment où elles sont le plus vulnérables, afin, en fin de compte, de sauver des vies et de prévenir le suicide. En nous associant à des organisations partageant les mêmes valeurs, notre voix portera plus loin et notre action de prévention du suicide gagnera en puissance.

